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Cas particuliers

Rupture conventionnelle collective (RCC) 2026 : 6 etapes de la procedure [Guide]

1 avril 2026·14 min de lecture

Qu'est-ce que la rupture conventionnelle collective ?

La rupture conventionnelle collective (RCC) est un dispositif introduit par les ordonnances Macron du 22 septembre 2017. Elle permet à une entreprise d'organiser des départs volontaires dans le cadre d'un accord collectif négocié avec les syndicats, sans avoir à justifier de difficultés économiques et sans recourir à un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

Ne confondez pas la RCC avec la rupture conventionnelle individuelle : ce sont deux dispositifs distincts avec des procédures, des conditions et des interlocuteurs différents.

Qui est concerné par la RCC ?

Les entreprises

Toute entreprise, quelle que soit sa taille, peut recourir à la RCC. Contrairement au licenciement économique collectif, l'entreprise n'a pas à justifier de difficultés économiques. Elle peut simplement souhaiter :

  • Réorganiser ses services
  • Adapter ses effectifs à l'évolution de son activité
  • Accompagner une transformation numérique
  • Permettre des départs en fin de carrière
  • Les salariés

    Seuls les salariés volontaires peuvent bénéficier de la RCC. L'employeur ne peut imposer un départ à personne. Les salariés en CDI, en CDD et même les salariés protégés peuvent être éligibles, selon les termes de l'accord collectif.

    La procédure de la RCC en 7 étapes

    Étape 1 : Négociation de l'accord collectif

    L'employeur ouvre une négociation avec les organisations syndicales représentatives dans l'entreprise. L'accord doit être majoritaire (signé par des syndicats représentant plus de 50% des suffrages au premier tour des dernières élections professionnelles).

    Étape 2 : Contenu obligatoire de l'accord

    L'accord collectif de RCC doit obligatoirement prévoir :

  • Le nombre maximal de départs envisagés
  • Les conditions d'éligibilité des salariés (ancienneté, postes, services)
  • Les modalités de candidature et de sélection
  • Le montant de l'indemnité de rupture (minimum : indemnité légale de licenciement)
  • Les mesures d'accompagnement (formation, aide à la création d'entreprise, outplacement)
  • Les délais de dépôt des candidatures et de réponse
  • Les clauses de suivi de l'accord
  • Les modalités d'information du CSE
  • Étape 3 : Information du CSE

    Le comité social et économique est informé de l'ouverture des négociations et de leur avancement. Le CSE donne un avis consultatif mais ne dispose pas d'un droit de veto.

    Étape 4 : Validation par la DREETS

    L'accord signé est transmis à la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités) qui dispose de 15 jours pour le valider ou le refuser. La DREETS vérifie :

  • La conformité de l'accord aux exigences légales
  • La présence de toutes les clauses obligatoires
  • Le caractère libre et éclairé du consentement
  • L'existence de mesures d'accompagnement suffisantes
  • Le silence de la DREETS après 15 jours vaut validation tacite.

    Étape 5 : Appel à candidatures

    Une fois l'accord validé, l'employeur lance un appel à candidatures selon les modalités prévues. Chaque salarié intéressé dépose sa candidature de manière volontaire et libre.

    Étape 6 : Examen et acceptation des candidatures

    L'employeur examine les candidatures selon les critères définis dans l'accord. Il peut accepter ou refuser une candidature (par exemple si le départ du salarié mettrait en péril le fonctionnement d'un service). Le salarié refusé reste dans l'entreprise sans conséquence.

    Étape 7 : Rupture du contrat de travail

    Pour chaque salarié dont la candidature est acceptée, le contrat de travail est rompu d'un commun accord. Un document individuel de rupture est signé, précisant la date de départ et le montant de l'indemnité.

    L'indemnité de rupture conventionnelle collective

    Le minimum légal

    L'indemnité de RCC ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement :

  • 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté (10 premières années)
  • 1/3 de mois de salaire par année au-delà de 10 ans
  • En pratique : des indemnités souvent supérieures

    Les accords de RCC prévoient généralement des indemnités nettement supérieures au minimum légal, pour inciter les salariés à se porter volontaires. Les exemples constatés dans les grandes entreprises :

  • Banque/assurance : 1 à 2 mois de salaire par année d'ancienneté
  • Industrie : 0,8 à 1,5 mois par année
  • Tech/services : 1 à 3 mois par année
  • Automobile : 1 à 2 mois par année + mesures d'accompagnement renforcées
  • Exemple concret : Dans un accord RCC d'un grand groupe bancaire, l'indemnité prévue est de 1,2 mois de salaire par année d'ancienneté, avec un plancher de 20 000 euros et un plafond de 200 000 euros. Un salarié avec 15 ans d'ancienneté et 4 000 euros de salaire brut toucherait : 4 000 x 15 x 1,2 = 72 000 euros.

    Régime fiscal de l'indemnité RCC

    L'indemnité de RCC bénéficie du même régime fiscal favorable que l'indemnité de rupture conventionnelle individuelle :

  • Exonération d'impôt sur le revenu dans la limite du montant légal ou conventionnel
  • Exonération de CSG/CRDS dans la même limite
  • Plafond d'exonération : 2 fois le PASS (environ 94 480 euros en 2026)
  • RCC vs PSE : quelles différences ?

    Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE)

    Le PSE est obligatoire quand une entreprise de 50 salariés ou plus envisage de licencier au moins 10 salariés sur 30 jours pour motif économique. Il nécessite :

  • La justification de difficultés économiques réelles
  • Un plan de reclassement interne
  • Des mesures d'accompagnement (formation, aide à la mobilité)
  • Une consultation approfondie du CSE
  • Une validation ou homologation par la DREETS
  • Avantages de la RCC par rapport au PSE

  • Pas de motif économique requis : l'entreprise n'a pas à prouver de difficultés
  • Procédure plus rapide : 1 à 3 mois contre 4 à 6 mois pour un PSE
  • Départs uniquement volontaires : pas de licenciements contraints
  • Climat social préservé : l'absence de contrainte réduit les tensions
  • Risque contentieux limité : peu de recours judiciaires possibles
  • Inconvénients de la RCC par rapport au PSE

  • Incertitude sur le nombre de départs : si peu de volontaires, l'objectif n'est pas atteint
  • Coût potentiellement plus élevé : pour attirer les volontaires, les indemnités doivent être attractives
  • Pas de priorité de réembauche : contrairement au licenciement économique
  • Pas de CSP : les salariés ne bénéficient pas du contrat de sécurisation professionnelle
  • Droits au chômage après une RCC

    Les salariés quittant l'entreprise dans le cadre d'une RCC bénéficient des mêmes droits au chômage qu'après une rupture conventionnelle individuelle ou un licenciement :

  • Droit à l'allocation ARE (allocation de retour à l'emploi)
  • Durée d'indemnisation : jusqu'à 24 mois (36 mois après 53 ans)
  • Montant : environ 57% du salaire journalier de référence
  • Inscription à France Travail obligatoire
  • Le différé d'indemnisation

    Comme pour la RC individuelle, un différé d'indemnisation s'applique :

  • Carence de 7 jours
  • Différé congés payés
  • Différé spécifique lié à l'indemnité supra-légale (plafonné à 150 jours)
  • Avec les indemnités souvent élevées de la RCC, le différé spécifique peut être significatif. Il est important de le calculer avant de se porter volontaire.

    Les mesures d'accompagnement

    Un bon accord de RCC prévoit des mesures d'accompagnement pour les salariés volontaires :

    Accompagnement à la recherche d'emploi

  • Outplacement : cabinet de reclassement professionnel financé par l'entreprise (6 à 18 mois)
  • Bilan de compétences : pris en charge à 100%
  • Aide à la rédaction de CV et préparation aux entretiens
  • Accompagnement à la création d'entreprise

  • Aide financière à la création d'entreprise (subvention de démarrage)
  • Accompagnement par un cabinet spécialisé
  • Possibilité de cumul avec l'ARCE (60% des droits ARE en capital)
  • Accompagnement à la formation

  • Budget formation individuel (souvent 5 000 à 20 000 euros)
  • Abondement du CPF
  • Congé de formation rémunéré
  • Accompagnement des seniors

  • Congé de fin de carrière (maintien de la rémunération jusqu'à la retraite)
  • Rachat de trimestres de retraite
  • Transition progressive vers la retraite
  • Exemples de RCC récentes en France

    Plusieurs grandes entreprises ont eu recours à la RCC depuis 2018 :

  • PSA (Stellantis) : 1 300 départs volontaires en 2020, indemnité de 0,7 à 1,5 mois par année d'ancienneté
  • Société Générale : 750 départs en 2019, indemnité conventionnelle majorée + outplacement 18 mois
  • Renault : 2 500 départs en 2020, indemnité de 0,5 à 2 mois par année d'ancienneté
  • Nokia : 1 233 départs en 2020, indemnité supérieure à 2 mois par année
  • Questions fréquentes sur la RCC

    Le salarié peut-il refuser de participer à une RCC ? Bien sûr. La RCC est 100% volontaire. Aucun salarié ne peut être contraint de se porter candidat. Le refus n'a aucune conséquence sur la situation du salarié dans l'entreprise.

    L'employeur peut-il licencier après une RCC qui n'a pas atteint son objectif ? La RCC ne peut pas être utilisée comme préalable à un PSE. Si l'employeur souhaite ensuite licencier, il doit engager une procédure distincte avec justification de motif économique.

    Le salarié en RCC peut-il revenir sur sa décision ? Il n'y a pas de délai de rétractation légal spécifique pour la RCC (contrairement à la RC individuelle). Cependant, l'accord collectif peut prévoir un délai de réflexion ou de rétractation. Vérifiez les termes de l'accord.

    La RCC est-elle possible dans une PME ? Oui, toute entreprise peut recourir à la RCC, quelle que soit sa taille. Cependant, elle nécessite la présence de syndicats représentatifs pour négocier l'accord, ce qui est plus rare dans les petites structures.

    Conclusion

    La rupture conventionnelle collective est un outil puissant pour les entreprises qui souhaitent ajuster leurs effectifs sans contraindre les salariés et sans justifier de difficultés économiques. Pour les salariés, elle représente une opportunité de départ avec des conditions souvent très avantageuses (indemnité majorée + accompagnement). L'essentiel est de bien évaluer l'offre proposée avant de se porter volontaire.

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