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Cas particuliers

Rupture Conventionnelle VRP : Indemnité de Clientèle et Calcul 2026

Publie le 9 juin 2026·8 min de lecture

Rédigé par l'équipe Indemnité-Rupture.fr — spécialistes en droit du travail et rupture conventionnelle

Le VRP (voyageur, représentant, placier) dispose d'un statut particulier qui complique le calcul de l'indemnité de rupture conventionnelle. Entre l'indemnité légale, l'indemnité de clientèle et les commissions à intégrer dans le salaire de référence, plusieurs montants peuvent se cumuler — ou non. Voici comment s'y retrouver, selon votre situation et votre convention.

Le statut VRP : un cadre juridique spécifique

Le VRP est un salarié qui prospecte et prend des commandes pour le compte d'un ou plusieurs employeurs, de façon exclusive et constante. Son statut est défini aux articles L7311-1 et suivants du Code du travail, complété par l'Accord National Interprofessionnel des VRP (ANI VRP) du 3 octobre 1975.

On distingue :

  • Le VRP exclusif : il travaille pour un seul employeur.
  • Le VRP multicartes : il représente plusieurs employeurs non concurrents (voir notre guide multi-employeurs).
  • Dans les deux cas, le VRP est un salarié en CDI : la rupture conventionnelle lui est ouverte, exactement comme à tout autre salarié de droit commun. La procédure (entretien, CERFA, délai de rétractation de 15 jours calendaires, homologation) est identique.

    La spécificité majeure : l'indemnité de clientèle

    Qu'est-ce que l'indemnité de clientèle ?

    L'indemnité de clientèle (article L7313-13 du Code du travail) compense la part de clientèle apportée, créée ou développée par le VRP au profit de l'employeur, et que ce dernier conserve après le départ. C'est une indemnité propre au statut VRP, qui n'existe pour aucun autre salarié.

    Elle n'est due, en principe, qu'en cas de rupture à l'initiative de l'employeur (licenciement sans faute grave). Dans le cadre d'une rupture conventionnelle, le sujet est plus délicat : il s'agit d'une rupture d'un commun accord, et non d'un licenciement.

    Indemnité de clientèle et rupture conventionnelle : ce qu'il faut savoir

    Dans une rupture conventionnelle, le VRP perçoit obligatoirement au minimum l'indemnité légale de rupture conventionnelle (la même que tout salarié). L'indemnité de clientèle, elle, n'est pas automatiquement due dans ce cadre amiable.

    En pratique, deux approches sont possibles, selon votre situation et la négociation menée :

  • Intégrer la valeur de la clientèle développée dans le montant de l'indemnité supra-légale négociée ;
  • Faire de cette clientèle un argument de négociation pour obtenir une indemnité globale plus élevée.
  • Le statut VRP donne au commercial un levier de négociation réel : la clientèle que vous avez bâtie a une valeur pour l'employeur. Documentez-la (carnet de commandes, évolution du chiffre d'affaires) pour appuyer votre demande.

    Le calcul du salaire de référence d'un VRP

    Le poids des commissions

    La rémunération d'un VRP repose souvent en grande partie sur les commissions sur ventes. Or, les commissions régulières entrent dans le salaire de référence qui sert de base au calcul de l'indemnité.

    Comme pour tout salarié, on retient la moyenne la plus favorable entre :

  • la moyenne des 12 derniers mois ;
  • la moyenne des 3 derniers mois (avec proratisation des primes annuelles).
  • Pour un commercial dont l'activité est saisonnière ou en forte croissance, le choix de la méthode peut faire une différence importante. Reportez-vous à notre méthode détaillée de calcul de l'indemnité.

    La formule légale appliquée

    L'indemnité légale minimale suit la formule de droit commun :

  • 1/4 de mois de salaire de référence par année d'ancienneté, jusqu'à 10 ans ;
  • 1/3 de mois par année au-delà de 10 ans.
  • Exemple : un VRP avec un salaire de référence (fixe + commissions) de 3 500 € brut et 8 ans d'ancienneté percevra une indemnité légale minimale de 3 500 × 8 × 1/4 = 7 000 € brut. Sa convention collective peut prévoir davantage.

    Les commissions de retour sur échantillonnage

    Un point souvent oublié : les commissions de retour sur échantillonnage (article L7313-11). Il s'agit des commissions sur les commandes passées après le départ du VRP, mais issues de la clientèle qu'il avait prospectée.

    Ces commissions restent dues au VRP même après la fin du contrat, dès lors que les ordres résultent directement de son travail de représentation. Pensez à les mentionner dans la convention de rupture pour éviter tout litige ultérieur.

    La clause de non-concurrence du VRP

    Beaucoup de VRP sont liés par une clause de non-concurrence. En cas de rupture conventionnelle :

  • Si la clause est maintenue, elle doit s'accompagner d'une contrepartie financière.
  • L'employeur peut renoncer à la clause dans les conditions prévues au contrat (souvent un délai après la notification de la rupture).
  • Vérifiez ce point avant de signer : une clause de non-concurrence sans contrepartie ou trop large peut limiter fortement votre capacité à retrouver un poste commercial.

    Questions fréquentes

    Un VRP a-t-il droit à la fois à l'indemnité légale et à l'indemnité de clientèle ?

    Dans une rupture conventionnelle, l'indemnité légale est garantie. L'indemnité de clientèle n'est pas automatique dans ce cadre amiable : elle se négocie, souvent via l'indemnité supra-légale, selon votre situation et la clientèle développée.

    Mes commissions sont-elles bien prises en compte dans l'indemnité ?

    Oui. Les commissions régulières font partie du salaire de référence. Veillez à ce que le calcul retienne la période la plus favorable (12 ou 3 derniers mois) et n'oublie pas vos commissions, qui constituent souvent l'essentiel de votre rémunération.

    Ai-je droit au chômage après une rupture conventionnelle de VRP ?

    Oui. Comme tout salarié en CDI, le VRP a droit à l'ARE après homologation, sous réserve des conditions d'affiliation habituelles. Un différé d'indemnisation peut s'appliquer si vous percevez une indemnité supérieure au minimum légal.

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