En principe, l'allocation chômage est réservée aux salariés qui perdent leur emploi sans l'avoir voulu. Une démission n'y ouvre donc pas droit, sauf exceptions prévues par le règlement d'assurance chômage : démissions légitimes, démission pour reconversion, reprise d'un emploi, réexamen après 121 jours. Depuis avril 2023, un abandon de poste peut aussi être traité comme une démission. Répondez à quelques questions : l'outil indique dans quelle situation vous êtes en principe, les règles appliquées et les démarches officielles. Il ne calcule pas de montant et ne remplace pas la décision de France Travail.
Abandon de poste : touche-t-on le chômage ?▾
En principe, non, si l'employeur applique la présomption de démission. Depuis avril 2023, le salarié qui ne reprend pas son poste après une mise en demeure de justifier son absence et de reprendre le travail, dans un délai d'au moins 15 jours, est présumé démissionnaire. Les règles de la démission s'appliquent alors : pas d'allocation en principe, réexamen possible après 121 jours. La présomption ne s'applique pas si l'absence repose sur un motif légitime (raisons médicales, droit de retrait, droit de grève, refus d'une instruction contraire à une réglementation, modification du contrat décidée par l'employeur), ni, selon le Conseil d'État, si la mise en demeure n'informait pas des conséquences d'une absence de reprise. Si l'employeur engage plutôt un licenciement, l'allocation est en principe ouverte.
Quel délai de carence pour le chômage après une démission ?▾
Tout dépend de la démission. Une démission légitime est traitée comme un licenciement : le versement commence après un délai d'attente de 7 jours et d'éventuels différés (congés payés, sommes de rupture). Une démission ordinaire n'ouvre pas droit à l'allocation : vous pouvez demander un réexamen à l'instance paritaire régionale de France Travail au moins 121 jours après la fin du contrat ; en cas d'accord, le versement commence au plus tôt le 122e jour. Autre voie : retravailler au moins 65 jours (ou 455 heures) dans un emploi qui prend fin de façon involontaire.
Quelles démissions donnent droit au chômage ?▾
Le règlement d'assurance chômage dresse une liste limitative de 17 démissions légitimes (art. 2 § 2). Parmi les plus fréquentes : suivre son conjoint qui déménage pour un nouvel emploi, mariage ou Pacs avec changement de résidence, violences conjugales avec plainte, salaires impayés constatés par une décision de justice, acte délictueux subi au travail avec plainte, départ d'un nouvel emploi avant 65 jours travaillés après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, échec d'une création d'entreprise. Chaque cas suppose un justificatif. S'y ajoute la démission pour reconversion, avec ses propres conditions.
Peut-on toucher le chômage après une démission pour reconversion ?▾
Oui, sous conditions, et à condition de respecter l'ordre des démarches. Il faut être en CDI de droit privé, justifier d'au moins 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, demander un conseil en évolution professionnelle avant de démissionner, puis obtenir de la commission Transitions Pro une attestation du caractère réel et sérieux du projet (formation, création ou reprise d'entreprise). L'inscription à France Travail se fait ensuite dans les 6 mois suivant l'attestation. Une démission donnée avant la demande de conseil en évolution professionnelle rend la demande irrecevable.
Mon employeur peut-il me licencier plutôt que de me considérer comme démissionnaire ?▾
La fiche du ministère du Travail indique que l'employeur « peut » engager la procédure de présomption de démission. Les questions-réponses du ministère qui la présentaient comme la seule voie ont été retirées en juin 2023, et le Conseil d'État n'a pas eu à trancher ce point dans sa décision du 18 décembre 2024. La question reste donc à confirmer. Si un licenciement est prononcé, quel qu'en soit le motif, le règlement le classe parmi les pertes involontaires d'emploi : l'allocation est alors en principe ouverte, aux conditions habituelles.
Avertissement : cet outil est un outil d'information, pas une consultation juridique. Il indique ce que prévoit en principe le règlement d'assurance chômage, à partir de vos réponses. Seul France Travail décide de l'ouverture de vos droits : faites confirmer votre situation avant toute décision. Il n'encourage en aucun cas l'abandon de poste. En cas de litige, consultez un avocat ou un défenseur syndical.
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