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Démission ou abandon de poste : aurez-vous droit au chômage ?

Rédigé et vérifié par l'éditeur d'Indemnité-Rupture.fr à partir des sources officielles (Code du travail, Unédic, service-public). Ce n'est pas un conseil juridique. Méthode · Corrections

Dernière mise à jour : 20 octobre 2026

En principe, l'allocation chômage est réservée aux salariés qui perdent leur emploi sans l'avoir voulu. Une démission n'y ouvre donc pas droit, sauf exceptions prévues par le règlement d'assurance chômage : démissions légitimes, démission pour reconversion, reprise d'un emploi, réexamen après 121 jours. Depuis avril 2023, un abandon de poste peut aussi être traité comme une démission. Répondez à quelques questions : l'outil indique dans quelle situation vous êtes en principe, les règles appliquées et les démarches officielles. Il ne calcule pas de montant et ne remplace pas la décision de France Travail.

Démission ou abandon de poste : le chômage est-il possible ?

Orientation selon le règlement d'assurance chômage en vigueur · salarié en CDI de droit privé · aucun montant calculé

Question 1

Quelle est votre situation ?

Outil prévu pour un salarié en CDI de droit privé.

Tout se passe dans votre navigateur. Vos réponses ne sont ni envoyées ni enregistrées.

Comment l'outil vous oriente

  • Le principe. L'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) vise les pertes d'emploi involontaires : licenciement, fin de CDD, rupture pour motif économique (règlement, art. 2 § 1). La rupture conventionnelle y ouvre aussi droit (art. 2 § 3), mais elle suppose l'accord de l'employeur.
  • Les démissions légitimes. Le règlement en liste 17, de a) à q) (art. 2 § 2). L'outil reprend cette liste telle quelle et vous demande si vous disposez du justificatif exigé. Pour le départ d'un nouvel emploi après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, le règlement consolidé et France Travail retiennent 65 jours travaillés ; la fiche service-public.fr indique 88 jours pour une démission depuis le 1er avril 2025. Ce seuil est à confirmer auprès de France Travail.
  • La démission pour reconversion. 1 300 jours travaillés sur 60 mois, conseil en évolution professionnelle demandé avant la démission, attestation de la commission Transitions Pro, inscription dans les 6 mois (art. 2 § 4 et 4 g du règlement, art. L5422-1-1 et R5422-2-1 du code du travail).
  • Après une démission ordinaire. Trois voies : la reprise des droits non épuisés si vous aviez travaillé moins de 88 jours (ou 610 heures) depuis leur ouverture (art. 26) ; l'ouverture de droits après au moins 65 jours (ou 455 heures) dans un nouvel emploi perdu de façon involontaire (art. 4 e) ; le réexamen par l'instance paritaire régionale au moins 121 jours après la fin du contrat, avec un versement au plus tôt le 122e jour (art. 46 bis).
  • L'abandon de poste. La présomption de démission suppose une mise en demeure par lettre recommandée ou remise en main propre, un délai d'au moins 15 jours (art. L1237-1-1 et R1237-13) et, selon le Conseil d'État (18 décembre 2024, n° 473640), l'information du salarié sur les conséquences d'une absence de reprise. Un motif légitime fait obstacle à la présomption. Si l'employeur licencie, la perte d'emploi est involontaire.
  • Les délais de versement. Quand l'allocation est ouverte, elle commence après un délai d'attente de 7 jours et d'éventuels différés (art. 21 et 22). Le simulateur chômage permet de les estimer (ses durées maximales sont celles d'une rupture conventionnelle).
  • Ce que l'outil ne fait pas. Il ne vérifie pas la durée minimale d'affiliation (130 jours ou 910 heures sur 24 mois, 36 mois à partir de 55 ans), ne traite pas les CDD, l'intérim, la fonction publique ni les salariés protégés, et ne calcule aucun montant.

Questions fréquentes sur la démission, l'abandon de poste et le chômage

Abandon de poste : touche-t-on le chômage ?
En principe, non, si l'employeur applique la présomption de démission. Depuis avril 2023, le salarié qui ne reprend pas son poste après une mise en demeure de justifier son absence et de reprendre le travail, dans un délai d'au moins 15 jours, est présumé démissionnaire. Les règles de la démission s'appliquent alors : pas d'allocation en principe, réexamen possible après 121 jours. La présomption ne s'applique pas si l'absence repose sur un motif légitime (raisons médicales, droit de retrait, droit de grève, refus d'une instruction contraire à une réglementation, modification du contrat décidée par l'employeur), ni, selon le Conseil d'État, si la mise en demeure n'informait pas des conséquences d'une absence de reprise. Si l'employeur engage plutôt un licenciement, l'allocation est en principe ouverte.
Quel délai de carence pour le chômage après une démission ?
Tout dépend de la démission. Une démission légitime est traitée comme un licenciement : le versement commence après un délai d'attente de 7 jours et d'éventuels différés (congés payés, sommes de rupture). Une démission ordinaire n'ouvre pas droit à l'allocation : vous pouvez demander un réexamen à l'instance paritaire régionale de France Travail au moins 121 jours après la fin du contrat ; en cas d'accord, le versement commence au plus tôt le 122e jour. Autre voie : retravailler au moins 65 jours (ou 455 heures) dans un emploi qui prend fin de façon involontaire.
Quelles démissions donnent droit au chômage ?
Le règlement d'assurance chômage dresse une liste limitative de 17 démissions légitimes (art. 2 § 2). Parmi les plus fréquentes : suivre son conjoint qui déménage pour un nouvel emploi, mariage ou Pacs avec changement de résidence, violences conjugales avec plainte, salaires impayés constatés par une décision de justice, acte délictueux subi au travail avec plainte, départ d'un nouvel emploi avant 65 jours travaillés après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, échec d'une création d'entreprise. Chaque cas suppose un justificatif. S'y ajoute la démission pour reconversion, avec ses propres conditions.
Peut-on toucher le chômage après une démission pour reconversion ?
Oui, sous conditions, et à condition de respecter l'ordre des démarches. Il faut être en CDI de droit privé, justifier d'au moins 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, demander un conseil en évolution professionnelle avant de démissionner, puis obtenir de la commission Transitions Pro une attestation du caractère réel et sérieux du projet (formation, création ou reprise d'entreprise). L'inscription à France Travail se fait ensuite dans les 6 mois suivant l'attestation. Une démission donnée avant la demande de conseil en évolution professionnelle rend la demande irrecevable.
Mon employeur peut-il me licencier plutôt que de me considérer comme démissionnaire ?
La fiche du ministère du Travail indique que l'employeur « peut » engager la procédure de présomption de démission. Les questions-réponses du ministère qui la présentaient comme la seule voie ont été retirées en juin 2023, et le Conseil d'État n'a pas eu à trancher ce point dans sa décision du 18 décembre 2024. La question reste donc à confirmer. Si un licenciement est prononcé, quel qu'en soit le motif, le règlement le classe parmi les pertes involontaires d'emploi : l'allocation est alors en principe ouverte, aux conditions habituelles.

Avertissement : cet outil est un outil d'information, pas une consultation juridique. Il indique ce que prévoit en principe le règlement d'assurance chômage, à partir de vos réponses. Seul France Travail décide de l'ouverture de vos droits : faites confirmer votre situation avant toute décision. Il n'encourage en aucun cas l'abandon de poste. En cas de litige, consultez un avocat ou un défenseur syndical.

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