Vous êtes visé par un licenciement économique et devez décider, en 21 jours, entre le CSP (avec l'allocation ASP à 75 % de votre salaire) et un refus qui vous fait basculer sur l'ARE classique. Ce simulateur compare instantanément les deux allocations, tient compte du préavis reversé et des différés, et vous donne un avantage net chiffré pour votre situation.
CSP ou ARE : comment se décide l’arbitrage ?
Lorsqu'un licenciement économique est envisagé dans une entreprise de moins de 1 000 salariés, l'employeur a l'obligation de proposer le contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Vous avez alors 21 jours calendaires pour l'accepter ou le refuser. Ce choix n'est pas anodin : il détermine le montant de votre allocation chômage, sa date de départ et la nature de votre accompagnement.
En pratique, le CSP est presque toujours plus favorable sur le plan financier. L'allocation de sécurisation professionnelle (ASP) est calculée à 75 % du salaire journalier de référence brut, contre un maximum d'environ 57 % pour l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Sur un salaire de 2 500 € brut, cela représente environ 1 850 € par mois d'ASP contre ~1 400 € d'ARE, soit près de 450 € de plus chaque mois pendant douze mois.
Le second avantage, souvent sous-estimé, est l'absence de différé. L'ARE ne commence qu'après un délai d'attente de 7 jours, un différé de congés payés et, si vous touchez une indemnité supra-légale élevée, un différé spécifique pouvant atteindre 150 jours. Le CSP, lui, démarre dès la fin du délai de réflexion : pour un salarié avec une forte indemnité de rupture, c'est parfois deux à cinq mois de revenus perçus plus tôt.
La seule vraie contrepartie : le préavis
En acceptant le CSP, le contrat est rompu d'un commun accord sans préavis. Si vous avez au moins un an d'ancienneté, l'employeur reverse à France Travail l'équivalent de votre indemnité compensatrice de préavis, dans la limite de 3 mois de salaire. Vous ne percevez donc pas ce préavis — c'est le « coût » du dispositif. En revanche, si votre préavis conventionnel dépasse 3 mois, la fraction au-delà de 3 mois vous est bien versée directement. Avec moins d'un an d'ancienneté, vous conservez l'intégralité de votre indemnité de préavis.
C'est précisément cet arbitrage que notre simulateur chiffre : il additionne le gain d'allocation sur douze mois, en déduit le préavis reversé, et affiche l'avantage net du CSP pour votre cas.
Ce que le CSP ne change pas : l’indemnité de licenciement
Point essentiel et source de confusion fréquente : accepter le CSP ne vous fait pas perdre votre indemnité de licenciement. Le barème légal (1/4 de mois de salaire par an jusqu'à 10 ans, puis 1/3 de mois au-delà) s'applique normalement, et la convention collective peut prévoir mieux. Cette indemnité vous est versée par l'employeur au moment de la rupture. Pour l'estimer précisément, utilisez notre simulateur d'indemnité de licenciement économique.
Reclassement moins payé : l’IDR et la prime de reclassement
Le CSP protège aussi votre retour à l'emploi. Si vous retrouvez un poste moins bien rémunéréavant la fin des douze mois, l'indemnité différentielle de reclassement (IDR) comble l'écart entre votre ancien et votre nouveau salaire, pendant douze mois et dans la limite de 50 % de vos droits ASP restants. À la place, vous pouvez opter pour une prime de reclassement égale à 50 % de vos droits résiduels si vous reprenez un contrat d'au moins six mois avant la fin du dixième mois. Les deux ne se cumulent pas : on retient l'option la plus avantageuse.
Quand refuser le CSP peut se justifier
Refuser le CSP reste rationnel dans quelques situations : si vous avez déjà une promesse d'embauche imminente (vous n'aurez pas besoin des douze mois d'allocation), ou si votre préavis conventionnel est court et que vous préférez le travailler pour rester dans l'entreprise. Dans la majorité des autres cas, le taux d'allocation supérieur, l'absence de différé et l'accompagnement renforcé penchent nettement en faveur du CSP. Notre outil vous aide à objectiver ce choix avec des montants concrets plutôt qu'au ressenti.
Questions fréquentes sur le CSP et l’ASP
Le CSP est-il plus avantageux que l’ARE ?▾
Dans la grande majorité des cas, oui. L'allocation de sécurisation professionnelle (ASP) versée en CSP correspond à 75 % du salaire journalier de référence brut, contre environ 57 % pour l'ARE classique. Le CSP est aussi versé sans délai d'attente ni différé (congés payés, différé spécifique), là où l'ARE peut être repoussée de plusieurs semaines. La contrepartie : si vous avez au moins un an d'ancienneté, votre indemnité de préavis (dans la limite de 3 mois) est reversée à France Travail pour financer le dispositif au lieu de vous être versée.
Quel est le montant de l’ASP (allocation CSP) en 2026 ?▾
Pour un salarié justifiant d'au moins 12 mois d'ancienneté, l'ASP est égale à 75 % du salaire journalier de référence brut (SJR), soit un taux nettement supérieur à l'ARE. Le SJR se calcule à partir des rémunérations brutes des 24 derniers mois divisées par le nombre de jours. Un prélèvement de 3 % au titre de la retraite complémentaire s'applique lorsque l'ASP dépasse 32,13 €/jour. Avec moins d'un an d'ancienneté, l'ASP est ramenée au niveau de l'ARE.
Quelle est la durée du CSP ?▾
Le CSP dure 12 mois maximum. L'accompagnement et le versement de l'ASP démarrent le lendemain de la fin du délai de réflexion de 21 jours. Pendant cette période, vous bénéficiez d'un accompagnement renforcé et d'aides à la formation et au reclassement.
Combien de temps ai-je pour accepter ou refuser le CSP ?▾
Vous disposez d'un délai de réflexion de 21 jours calendaires à compter de la remise du document d'information par l'employeur. L'absence de réponse à l'issue de ce délai vaut refus. En cas de refus, la procédure de licenciement économique classique s'applique et vous relevez de l'ARE.
Est-ce que je perds mon indemnité de licenciement si j’accepte le CSP ?▾
Non. L'indemnité légale (ou conventionnelle) de licenciement est intégralement maintenue et vous est versée par l'employeur, que vous acceptiez ou non le CSP. Seule l'indemnité compensatrice de préavis (dans la limite de 3 mois) est reversée à France Travail lorsque vous acceptez le CSP et avez au moins un an d'ancienneté.
Qu’est-ce que l’indemnité différentielle de reclassement (IDR) ?▾
Si vous retrouvez un emploi moins bien rémunéré avant la fin du CSP, l'IDR complète la différence entre votre salaire de référence et votre nouveau salaire, pendant 12 mois maximum et dans la limite de 50 % de vos droits ASP restants. Alternativement, une prime de reclassement égale à 50 % des droits résiduels peut être versée si vous reprenez un CDI, CDD ou intérim d'au moins 6 mois avant la fin du 10e mois. Les deux dispositifs ne sont pas cumulables.
Qui peut bénéficier du CSP ?▾
Le CSP doit obligatoirement être proposé aux salariés visés par un licenciement économique dans une entreprise de moins de 1 000 salariés (ou en redressement/liquidation judiciaire quelle que soit la taille). Il faut justifier d'environ 4 mois travaillés (88 jours ou 610 heures) sur les 24 derniers mois et ne pas avoir atteint l'âge de la retraite à taux plein. Les entreprises de 1 000 salariés et plus proposent un congé de reclassement à la place.
Le CSP a-t-il un délai de carence comme l’ARE ?▾
Non, et c'est l'un de ses principaux avantages. L'ASP est versée dès la fin du délai de réflexion de 21 jours, sans les 7 jours de délai d'attente ni les différés (congés payés et différé spécifique lié à l'indemnité supra-légale) qui s'appliquent à l'ARE. Pour un salarié percevant une forte indemnité supra-légale, cette absence de différé représente plusieurs semaines de revenus gagnées.
Licenciement économique : faites vérifier vos droits
Un avocat peut vérifier le motif économique et, s'il est contestable, obtenir plusieurs mois de salaire supplémentaires.
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